2 OmmE s Sebastien LOEB et Daniel ELENA
Un jour prochain, deux amis vont sûrement boire plus que de coutume, la coupe à la main.
Ils se seront levé un dimanche, tôt, déjà bien heureux d'avoir su maitriser leur destin jusque là. Un petit déjeûner au calcul, le dernier, avant la balance. Humer enfin l'air du matin, s'enivrer de l'envoutant parfum mêlés des champs de bruyères, de terres acides et de pins brumeux. La nuit mourante piquetée de flash derrière les ombres. Ils seront bientôt seuls, engoncés, complices, deux hommes au gros coeur, comme l'on dit chez eux. Les kids leurs feront bien de petit signes d'admirations, pousseront même de grands vivas, les yeux écarquillés sur leur passage. les verront t-ils seulement...
Le feulement attendu de leur apparition, résonnera dans la lande boueuse. Dame nature accueillera alors, leur musique incongrue faîte de claquements secs, de sifflements cadencés, de grondements sourds, puis stridents. Elle témoignera elle aussi, de leur gros coeur. Comme à chaque fois. Fugaces.
Le gaucho, le massaï, le pâtre ou le lapon. Tous témoins que ces deux hommes là, ils font un truc avec leur terre, qu'ils n'ont jamais su faire. Comme un vol quelque part. Un mélange d'admiration, teinté de jalousie.
Moi, seul, et mes bulles, je penserais à eux. A leur bonheur, leur joie de l'instant, s'il l'ont seulement fait...
Ce que j'en disais au mois de Janvier dernier :
" tendez l'oreille, ecoutez votre petite voiture de ville, essayez de lui secouer les triangles, tentez de lui faire carresser le bitume d'une rue Voltaire du bout des pneus. empoignez votre petit volant de pvc et faîtes twister votre semelle droite sur le pedalier. secouez vous les puces dans votre baquet de série et lancez le poid de votre train arrière sur l'avant pour sortir de l'épingle du jeu.
Mais pas de profondeur dans l'échappement, pas de hauteur dans les régimes, pas de gripp sur l'asphalte et encore moins de magie dans nos souliers. La seule poussière qui nous gêne, celle sur le pare-brise que dessinent nos essuies-glace. Comment faire alors pour imaginer ce que je ressens à la force de l'image de contempler Sebastien LOEB dans ses anticipations, ses improvisations ou ses certitudes. Dans les plus beaux paysage du monde évolue Sebastien. Il fait hurler de plaisir le massaï, le gaucho, l'aborigène et le lapon. Il fait rêver les mômes de Mexico à Wellington et les grands de perth à guernes. L'inertie d'un corps d'une tonne, maîtrisé sur neige, comme sur terre, alors que nous ne maîtrisons qu'a grand peine celle de nos journées anonymes pour autant qu'elles soient belles. L'homme est souvent grand dans ses passions. Sebastien est Grand. "
Et en ce début de mois de Décembre, Ils l'ont fait. CHAMPAGNE ! Pour Daniel et Sebastien.
